IDAHO

140 000 HECTARES

L’état de l’Idaho est la capitale de la pomme de terre des États-Unis et une référence mondiale pour cette culture qui fut introduite au tournant du XlXe siècle.

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LE GÉANT DE LA
POMME DE TERRE

GROWN IN IDAHO
Le niveau de fertilité est des plus élevés sur ces hauts plateaux de l’Idaho, drainés par la Snake River qui a réussi à s’y frayer un chemin. Ces sols très riches, idéals pour la culture de pommes de terre, proviennent d’éruptions volcaniques datant de 5 millions d’années qui, sous l’effet de l’érosion, favorisèrent l’accumulation de riches débris minéralogiques pour former ce terreau propice à l’agriculture.

LE GÉANT DE LA POMME DE TERRE

 
GROWN IN IDAHO
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Le visage de l’Idaho a littéralement changé lorsqu’en 1901, fut construit le premier barrage du nom de Swan Falls. S’ensuivirent d’autres ouvrages imposants tel celui-ci du nom de Palissades Reservoir, formant ainsi d’immenses réserves d’eau devant servir à irriguer ces terres semi-arides de l’état. Le captage d’eau s’inscrivit donc en priorité, transformant la Snake River et ses nombreux affluents en une formidable réserve d’eau qui est soumise depuis à un contrôle rigoureux.

RÉSERVOIR PALISADES

L’État soumet la gestion de l’eau à une stricte réglementation. La recharge des nombreux bassins de rétention se complète avec la fonte des neiges accumulées dans les hautes montagnes et qui se poursuit une bonne partie de l’été. Les précipitations hivernales font donc office de baromètre pour l’agriculture. Un hiver avec peu de neige signifie une régie plus serrée durant la saison de croissance.

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American falls dam

Le plus imposant réservoir de l’état fut aménagé à même le lit de la Snake River. L’American Falls inonde une immense superficie de terre. On alla jusqu’à relocaliser la ville du même nom pour permettre l’ouvrage. Rempli grâce à la fonte des neiges des Rocky Mountains, on en utilise la ressource des semis aux récoltes.

L ’eau étant une ressource des plus précieuses, on a donc formé les Water Districts qui voient à la régie des réserves d’eau partout dans l’état. Ces districts, sous juridiction de l’État, ont été mis en place par des groupes de producteurs agricoles soucieux de l’importance de bien gérer cette ressource plus que vitale. S’associant à des entreprises spécialisées, telle la Nampa & Meridian Irrigation District, on est parvenu ainsi à construire un impressionnant système de captage et d’acheminement des eaux vers les terres en culture. On estime actuellement à 1,3 millions d’hectares la superficie de terre bénéficiant de ce système d’eau sur les 4,7 millions d’hectares consacrés à l’agriculture. C’est donc un fort pourcentage des terres de l’Idaho qui est soumis à une agriculture dite extensive où on pratique l’élevage et la culture de céréales d’hiver.

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Ces districts ont donc investi dans l’érection d’ouvrages de captation de l’eau mais aussi dans sa distribution. On retrouve ainsi partout en campagne un jeu de canalisations de plus ou moins grande capacité allant du nord au sud, de l’est à l’ouest et vice et versa, déjouant ainsi les lois de la gravité avec comme palliatifs des systèmes de pompage. Tous ces ouvrages sont entretenus par leurs gestionnaires et sont soumis à la réglementation de l’État. Le raccordement de ces voies d’eau aux différents systèmes d’irrigation appartenant aux producteurs demeure toutefois aux frais de ces derniers.

Les utilisateurs sont soumis à des frais d’utilisation selon leurs besoins en consommation. Par ailleurs, l’État prélève une taxe spéciale chez tous les propriétaires occupant ces zones pouvant bénéficier de ce système. L’utilisation de l’eau pour l’agriculture demeure toutefois une priorité alors que la faible densité de population de l’état, soit moins de 1 600 000 habitants, maintient les niveaux de pression sur l’agriculture relativement bas comparativement à la réalité californienne.

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PRÉCIPITATIONS

Les précipitations se font rares sur ces terres de l’Idaho, et n’excèdent guère les 30 cm annuellement et ce, la plupart du temps dans les régions montagneuses et en hiver. Sans apports d’eau d’irrigation, les cultures de la pomme de terre, de la betterave à sucre ou de la luzerne ne feraient pas partie du paysage.

700 MILLION $

À elle seule, la pomme de terre de l’Idaho génère plus de 700 millions $ en revenus
annuellement, faisant d’elle l’une des principales activités économiques de l’état.

A elle seule la culture de la pomme de terre accapare plus de 160 000 hectares des meilleurs sols de l’état qui sont sous irrigation. Les producteurs ont toutefois dû introduire des cultures de rotation sur deux ou trois ans afin de contrer les maladies et les insectes, telles la betterave à sucre et les céréales. Là encore, l’irrigation s’impose.

Si l’eau de pluie se fait rare en Idaho, le climat y est toutefois propice pour la culture de la pomme de terre, avec des températures chaudes le jour et particulièrement fraîches la nuit, compte tenu que la majorité des terres mises en culture intensives tout le long de la Snake River avoisinent les 800 mètres d’altitude. La saison de croissance dans la partie est, là où l’on retrouve la plus forte concentration d’agriculture intensive, oscille entre 90 à 100 jours alors que dans le nord-ouest de l’état on peut espérer atteindre 180 jours sans gel.

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Les producteurs sont donc soumis à des saisons courtes et sèches.

La production de la pomme de terre dans l’état de l’Idaho se révèle la première en importance en Amérique pour ce légume et contribue à 50 % des 5 milliards $ des recettes agricoles de l’état avec la production laitière et l’élevage au premier rang.

L’agriculture de l’Idaho est toutefois diversifiée occupe plus de 100 000 emplois directs. On y consacre donc énormément d’énergie, d’où la création de l’Idaho Center for Potato Research and Education, qui contribue grandement à la notoriété de la pomme de terre de l’Idaho alors que de nombreux programmes de recherche sont mis de l’avant.

Afin de bâtir une image forte de la pomme de terre, on créa en 1937 la Idaho Fruit and Vegetable Advertising Commission, de laquelle découle l’actuelle agence publique Idaho Potato Commission (IPC). Cette commission a pour mission d’assurer le développement de la production de la pomme de terre de l’Idaho tout en développant ses marchés. Les actions de l’IPC sont multiples, allant du soutien à la recherche aux efforts commerciaux. Elle est financée par le biais d’une retenue directement à la source chez le producteur via une taxe.

Cette commission a réussi à imposer une marque d’homologation au fil des années, qui se définit en quelque sorte à une identification géographique protégée portant le slogan Grown in Idaho, que l’on retrouve sur les emballages de pomme de terre et qui voyage de par le monde.

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140 000 HECTARES

La pomme de terre de l’Idaho est exportée dans plus de 15 pays dont le Canada, le Brésil, le Mexique, le Japon et la Malaisie. Avec ses 140 millions de quintaux récoltés annuellement sur quelque 140 000 hectares, la culture de la pomme de terre de l’Idaho représente plus de 33 % de la production des États-Unis. Pas étonnant que la marque Grown in Idaho domine.